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Vie et mort indigne des grands exclus

 

Il faisait encore nuit quand un fourgon de la mairie de Paris, transportant quatre cercueils, traversait les rues de la capitale pour se rendre au cimetière de Thiais, comme cela a lieu deux fois par semaine, le nombre de cercueils variant. A son bord, le chauffeur et des membres du Collectif des Morts de la Rue pour lesquels le cri d’Antigone résonne toujours juste. (Il eut un temps récent où seul le poids était un élément de distinction entre les cercueils. La vie comme la mort était quantité et non qualité, nombre interchangeable et non singularité). Il est des expressions que des institutions emploient toujours les concernant : « corps abandonnés » ou « VA », entendons « voie administrative ».

 

Le fourgon passait dans les rues illuminées de toutes sortes de guirlandes et d’arabesques colorées, attestant la venue prochaine de ce qu’on a coutume d’appeler les fêtes de fin d’année. Paris est une fête. Hemingway et Woody Allen l’ont, chacun à leur tour, romancé. Paris est un fantasme. Lieu phare de tous les récits, de tous les possibles où le passé est sans cesse réactivé. Paris capitale du XIXème siècle, écrit Walter Benjamin, rappelant la présence de nombreuses créations techniques et artistiques qui sont autant de fantasmagories, éclats et splendeurs d’un Paris illuminé «qui ne sont pas à l’abri des menaces» dont la chute du Second Empire ou le Commune de Paris furent, selon lui, emblématiques.

 

Qu’est-ce qui aujourd’hui risque de mettre en danger la capitale ? Mise à part la menace terroriste extrême et subie, existent maintenant comme hier, des soulèvements populaires, constant rappel, pour la plupart, de droits bafoués, qui peuvent toujours être accompagnés d’expressions violentes. Sans ces revendications qui attestent, le plus souvent, des désirs de plus d’égalité et de justice entre les hommes, notre démocratie serait lettre morte.

 

Mais, il est une autre inquiétude, invisible et abjecte, une menace non menaçante, sans crainte immédiate mais qui met à terre nos principes fondamentaux, celle de la grande exclusion. Pourquoi la rapprocher des manifestations populaires ? Si celles-ci sont, pour l’essentiel, le poumon de la démocratie, celle-là en est la face la plus sombre, la plus anti-démocratique au point d’avoir perdu toute visibilité. Aucune manifestation possible des grands exclus dans les rues de Paris. Aucun soulèvement ne portant atteinte à l’ordre public de la part de ces êtres cloués au sol. Aucun danger apparent et immédiat pour un gouvernement. Qui est l’exclu ? Si le pauvre ou le précaire peut faire plus ou moins encore société, le grand exclu en est séparé par une frontière politique qui le situe de l’autre côté de la ligne de démarcation, hors de la reconnaissance sociale. Vivant dans une espèce d’atomisme social, il est le tiers exclu de la classe moyenne comme de celle tombée dans la précarité. (Ici la pertinence de notion de classe serait à interroger). En-deçà du dit «parasite», le grand exclu ne demande rien, indifférent à lui-même, vivant hors de soi, exproprié de lui-même, «sans voix». La défiguration morale est si lourde qu’elle porte atteinte à nos principes dits intangibles. Ceux qu’on nomme par le préfixe « sans » (Sans domicile fixe) sont des Sans Droits Fondamentaux.

 

Quelle place a joué le politique dans ces vies défaites, anéanties ? A un moment de la vie citoyenne où la question du peuple revient dans le débat intellectuel en multipliant analyses et représentations, avec la grande exclusion, on lui tourne le dos : ces hommes ne sont pas le peuple, figure absolue du « hors de », ontologique et politique. Plus rien ne les rattache à un tout et si peu à eux-mêmes. La question de l’unicité du peuple n’allant pas de soi (Combien de peuples au sein du peuple ?) pourquoi ne peut-on pas parler du peuple des exclus ? Ce n’est pas une affaire de nombre parce que se comptant aujourd’hui par milliers, ils sont une multitude qui ne cesse de grossir (ici et partout ailleurs, en Europe et dans le monde) mais disséminée, atomisée. Ces personnes, dans leur grande majorité, vivent seules, dans l’absence d’elles-mêmes, sans lien avec d’autres, chacune abandonnée à sa propre descente en enfer. Quelques unes peuvent se regrouper pour un temps, le plus souvent conflictuel, favorisé par la prise excessive d’alcool. Mais il n’y a nul lien entre exclus qui pourrait donner lieu à une représentation collective d’eux-mêmes, nulle action les unissant. Preuve, s’il en faut, que le malheur extrême désunit plus qu’il ne rassemble, renvoyant chacun dans son propre îlot psychique au point d’être un trait constituant de la grande exclusion. Ce malheur est aussi cette incapacité, cette impossibilité de faire société. 

 

Si la politique a pour tâche de réunir, de faire coexister ce qui est séparé, la grande exclusion est l’expression politique du pire. Il est urgent, politiquement parlant, de penser cette séparation et de lui reconnaître une identité. Il est temps de sortir de nos ambiguïtés politiques, entre rejet et déni. Pourquoi sommes-nous prêts à aider, dans la rue, un homme qui vient de tomber alors que nous passons, sans le moindre regard, à côté du grand blessé psychique et social, indifférents à sa situation ? Il est des souffrances qui seraient comme déchues de leur dignité. Des souffrances honteuses et méprisables, d’autant plus qu’elles seraient exhibées, de la part d’hommes, affirment certains, qui auraient montré leur incapacité à se maintenir dans la lutte pour l’existence, autrement dit, en faillite d’eux-mêmes, dans une vision néolibérale de l’homme qui lui demande d’être pleinement acteur de sa propre vie. Des jugements implicites, plus ou moins conscients qui nous conduisent à trier, classer la détresse humaine en opérant des partages entre ceux qui mériteraient d’être soulagés et ceux pour lesquels trop de doutes planent. La souffrance ne relève pas du fait brut mais de la valeur, rappelle Nietzsche. Elle participe donc d’une échelle d’évaluation et entre dans un rapport de forces avec d’autres valeurs, déjouant toute objectivité. De cette confrontation naissent nos valeurs qui ne sont pas en soi mais en relation avec d’autres. Or, la souffrance sociale est sous évaluée eu égard à la souffrance physique. Quant à celle qui déshumanise radicalement un homme, la souffrance de la grande exclusion, elle est déconsidérée alors que sa part invisible est incommensurable avec sa part visible au point de faire de l’exclu un indifférent à sa souffrance, un hors de soi.

 

Redonner à ces hommes leur dignité perdue, c’est la condition sine qua non à une réintégration dans le commun des citoyens en œuvrant pour la sortie de leur inexistence, en s’appuyant sur leur droit fondamental d’être chacun protégé et soigné. Qu’on se donne les moyens médicaux de les faire sortir de cet état d’abandon d’eux-mêmes qui n’est pas même ce que d’aucuns nomment un état de survie.

 

Cette nécessité ne s’appuie sur aucun mérite. Aucun tri n’est possible parmi les hommes. Ils doivent en tant qu’hommes, autant que d’autres grands blessés de la vie, faire l’objet d’un suivi médico-social approprié. Que toutes les personnes soient traitées comme des êtres humains égaux en droits, lisons-nous, entendons-nous, chaque jour. Dans le constat de la grande exclusion, mettre en acte cette injonction demanderait, dans un premier temps, aussi long que patient, que ces personnes fassent l’objet de soins précis, adaptés à leur situation, à la fois médicaux et psychologiques, d’accompagnement dans des processus de désintoxication aux drogues et à l’alcool, d’écoute de leur détresse. A été mis en place, en France, un plan national, à la fois de recherche et de prise en charge, des pathologies neurodégénératives, pourquoi rien n’est-il fait pour la grande exclusion? N’est-ce pas parce que, d’un côté, chacun sait qu’un de ses proches ou lui-même peut développer une maladie d’Azheimer qui est une maladie comme une autre, dénuée de dévalorisation morale, intégrant une normativité au sein d’une nosologie des pathologies humaines alors que l’idée de se retrouver noyé dans l’alcool sur un carton, au coin d’une rue, reste hors norme, hors représentation individuelle et collective, synonyme d’abjection morale et humaine, qui fait obstacle à l’idée même d’un plan national pour enrayer le phénomène, voire pour lutter contre sa propagation. Dans un sondage qui a été fait en 1994 par BFM Business et Ca Com et publié le 3 novembre de cette même année, sur le pouvoir d’achat et la possibilité pour chacun de devenir, un jour, un précaire, neuf Français sur dix affirment craindre de perdre emploi et logement. Chacun se doute, qu’une fois tombé dans la précarité, sans logement, devenant très vulnérable sur les plans psychiques et physiques, d’autres écueils vous attendent et la rue n’est plus très loin. Ce n’est donc pas une idée radicalement étrangère à un grand nombre. Mettre en place, sur le plan national, un combat contre la grande exclusion s’impose donc à nos consciences et doit devenir un engagement national, certes intégrant les nombreuses associations qui y participent, mais ayant des objectifs politiques propres, capables de mettre un terme aux conditions de vie sous-humaines de cette population. La création de lieux dignes, adaptés au caractère aigu de ces souffrances, doit mobiliser nos élus et nous tous afin d’alarmer les uns et les autres sur cette situation. Augmenter le nombre de lits en hiver, en particulier lors de grands froids, dans des structures pensées à la hâte, ne participe pas d’une prise en charge attentive et soutenue des problèmes en question.

 

Durant l’année 2016, 454 personnes sont mortes de la rue; en 2015, 498 personnes ; en 2014, 513, chaque année à une moyenne d’âge constante de 49 ans. Mais il ne s’agit que de ceux répertoriés parce que le nombre réel des Morts de la rue est beaucoup plus lourd, autour de 3000 personnes chaque année, selon des estimations croisées de différentes associations. Cette nécessité d’agir ne peut être le seul combat d’associations, obligées d’en rester à des réponses d’urgence, consistant pour l’essentiel à de la distribution de nourriture et à de l’aide pour trouver un toit pour une nuit, à quoi s’ajoute le plus important, qui est l’échange humain, le dialogue qui redonne, à chacun, pour un moment, une reconnaissance personnelle. Ces associations colmatent des brèches, à défaut d’avoir les moyens d’éradiquer le mal. Ceux qui pensent que ces associations font obstacle à une plus grande visibilité du problème, déchargeant les responsables politiques de leurs devoirs, oublient que la détresse humaine n’attend pas, que l’urgence est au rendez-vous chaque jour. On ne peut confondre le temps de la politique, de la prise de conscience de situations de grandes souffrances et des réponses à apporter et celui de la nécessité, hic et nunc, d’y faire face, qui est le temps de l’urgence solidaire et humaine. Ces associations, pour leur part, ne cessent d’alerter les pouvoirs publics mais elles savent que ceux dont elles s’occupent, dans cet atomisme social qui est le leur, ne participent pas des succès ou défaites politiques de nos élus. Aucun danger ne pouvant venir de leur part pour la poursuite de leur carrière politique, à quoi bon y prêter attention ? Mais si, au travail quotidien sur le terrain des associations, s’ajoute un cri de révolte de tous, les choses finiront par changer. C’est une nécessité politique pour tous ceux qui ont en charge le bien commun et qui veulent lutter pour un égal traitement des hommes dans leur dignité.

 

Le fourgon anonyme, sans nul signe extérieur, conforme à une société qui tend à rendre la mort la plus insignifiante possible, poursuit son chemin dans des rues toujours aussi étincelantes d’une polychromie très vive, avec des effets de scintillement démultipliés. Pris dans un embouteillage, il est contraint de s’arrêter. Juste à sa droite, sur le trottoir, un homme, couché sur un carton, en dessous de volutes de décorations, fixe le fourgon. Des reflets de clignotements font briller par intermittence son sac de couchage. Que regarde-t-il ? Le visage de ceux qui sont dans cette camionnette ou le fourgon lui-même ? Celui là même qui l’emporterait si demain il était retrouvé mort dans cette rue ou une autre ? Une femme marchant sur ce même trottoir fait un écart pour éviter de piétiner le carton. Sait-elle qu’elle ne passe pas à côté d’un carton mais d’une chambre meublée, d’une cuisine, de toilettes, d’une douche ; qu’un carton, c’est tout cela réuni ?

 

Hannah Arendt distingue la sphère privée de celle qui est publique, dans laquelle les hommes apparaissent. L’homme assis sur son carton met à mal cette différence. Ce sont des hommes auxquels a été enlevée la sphère privée et qui restent cependant invisibles dans l’espace public, tout en vivant dans la rue. En raison même de cette absence de sphère privée, d’un toit qui protège, le problème est d’emblée politique et aucune association, aussi engagée soit-elle, ne changera radicalement leur situation si les élus de la nation ne travaillent pas à des solutions viables et pérennes qui exigent des choix politiques d’autant plus audacieux qu’il concerne une population qui fait aussi l’objet d’un rejet social.

 

Le fourgon entre dans le cimetière de Thiais. Un soleil hivernal enveloppe les arbres d’une lumière aussi naturelle qu’incandescente. Très douce et non moins chatoyante. Non pas celle des décorations appelant à la consommation mais celle miroitante de la vie et de la mort inséparables. Une fois atteint le carré des Indigents, un premier cercueil est déposé à terre avant d’être inhumé. Aucun nom. Les recherches effectuées n’ont abouti à rien. Mort sous X. Anonymat jusque dans la tombe sans nom de ceux qui avaient, pour un grand nombre, déserté leur propre corps, ceux qui ne s’étaient pas vus dans un miroir depuis des années... Ils ne sont pas regardés et ne se regardent pas eux-mêmes. Leur vie comme leur mort n’ont aucun écho nulle part. Quel nom donner à ces corps abandonnés, privés d’accompagnement au moment de leur inhumation ? Des mouvements de révolte, d’indignation s’élèvent contre ceux qui profanent les tombes, rappelant qu’un cimetière est un lieu sacré, à part, qui exige de tout un chacun, respect et dignité. Marcher sur une tombe, saccager fleurs ou hommages qui l’habillent, nous révulse. Et la profanation est aujourd’hui un délit. Mais n’est-ce pas profaner des hommes que de leur ôter le droit à être accompagnés par d’autres hommes après leur mort ? La nécessité pour toute vie d’être saluée par d’autres afin de ne pas être anéantie dans un anonymat informe et deshumanisant. Comment nommer la privation rituelle, l’absence d’accompagnement de ces individus, être anonymes, interchangeables, dont nulle trace demeure, qui ne mériteraient pas d’être pleurés, comme si leur intégration dans la communauté humaine avait été un échec total, définitif. Les « sans rites », les « sans funérailles », les« morts comme des chiens ». Les SDF sont aussi des SF des « sans funérailles ». Déchet d’une société qui ne cesse de trier ceux qui vivent en son sein entre ceux qui comptent et ceux qui ne comptent pas. Hommes privés de logos, sans inscription symbolique dans la cité. Jacques Rancière rappelle le double sens du logos comme parole et comme compte. Ces hommes dénués de logos n’ont pas droit à être comptés comme êtres parlants, ce sont des incomptés. Sortir de leur inexistence et de leur invisibilité les exclus, c’est inscrire les incomptés dans l’espace où ils sont comptables comme incomptés.

 

Compter s’entend ici, en premier lieu, dans le sens d’un dénombrement et un travail constant du Collectif des Morts de la rue s’attèle à dénombrer, à faire des recherches d’ordre épidémiologique, afin que chaque vie anonymement perdue soit comptabilisée, qu’aucune ne passe à la trappe de ce constant travail quotidien qui exige que tous les services sociaux avertissent le Collectif quand une personne est trouvée morte dans la rue ou dans un service hospitalier sans que personne n’ait le souci d’elle. Chaque année, ce Collectif publie un rapport d’activité sous le titre « Dénombrer et Décrire ». A cette exigence s’ajoute une autre, qui est le deuxième sens à donner au verbe compter : la valeur humaine, morale de chaque vie humaine en tant qu’humaine et non en tant qu’elle tirerait cette valeur de quelque transcendance, religieuse pour l’essentiel. Le Collectif est une association laïque. Nul rite religieux n’accompagne ces vies disparues. Les lois divines sollicitées par Antigone « qui ne datent ni d’aujourd’hui ni d’hier et (dont) nul ne sait le jour où elles ont paru » peuvent être, aujourd’hui, interprétées comme des lois universelles appartenant à l’humanité entière, rappelant que chaque vie humaine est une singularité dont la reconnaissance passe par un accompagnement jusque dans la mort et l’inhumation dans une sépulture individuelle où figure le nom de la personne. A l’heure où beaucoup choisissent la crémation et la dispersion de leurs cendres dans un lieu déterminé, par ceux qui les porteront dans leur cœur, il est important que pour les « sans deuil », soit dévolue une dernière demeure visible, même si elle n’est concédée que pour un temps relativement court de cinq années. A quoi bon, allèguent certains. Il est trop tard. Ce sont des vivants dont il faut s’occuper afin d’améliorer leur condition. Les uns font corps avec les autres. Être attentif à ce que personne ne soit « enterré comme un chien », sans funérailles, exige aussi, indissociablement lié, que la vie des grands exclus soit traitée dans une dignité humaine à laquelle ils n’ont pas droit. Cela est rappelé par l’antienne du Collectif : Chaque homme est grand / En interpellant la société, en honorant ces Morts, nous agissons aussi pour les vivants. Le Collectif des Morts de la rue est aussi celui de tous ceux qui vivent dans un grand abandon social, hors du commun. Si nous affirmons que la scène politique est celle d’une mise en évidence du commun, cette affirmation ne peut être dissociée de son contraire qui est la mise en évidence du séparé parce qu’il n’y a pas de commun sans la prise de conscience du séparé, du hors-du- commun au sens politique du terme en partant du constat de la présence de deux mondes au sein d’un même monde : le monde où ils ne sont pas et celui où ils sont.

 

Si quelques cercueils sont enterrés sous X, la grande majorité de ces Morts de la rue ont un nom, auquel s’ajoutent date de naissance et de décès mais entre ces deux dates, trop peu d’éléments et de témoignages permettant de faire le récit d’une vie. Aux membres du Collectif des Morts de la rue de leur restituer une présence, tout aussi imaginaire qu’essentielle, à leur donner une place dans l’ordre symbolique, par la lecture d’un texte, au moment de l’inhumation, construit par l’un d’entre eux. Ainsi la mémoire de cette vie humaine est-elle sauvegardée dans des archives consultables à tout jamais. Les sans funérailles ont une voix et sont accompagnés jusqu’à leur ultime demeure. Cette voix les arrache définitivement à leur inexistence en réintégrant une communauté humaine, un affect partagé, un même horizon d’attente et une volonté de ne pas en rester à des constats défaitistes et donc de se mobiliser là où nous savons que certes, nous ne changerons pas le monde, mais nous pourrons faire voir le monde différemment, changer nos regards sur une partie de ce monde aussi ténue soit-elle. Sans doute, faut-il avoir le courage du minuscule, de ce qui ne fait pas de bruit tonitruant ni médiatique. Avoir le courage d’une mobilisation de l’ombre, patiente et résolue. Entière et persévérante. C’est peut-être de cette façon, aussi obstinée que modeste, que nous changerons, in fine, le monde.

 

Texte paru dans le premier numéro de la revue Prémices

 

 

 

 

 

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